Clap de rêve avec Charlotte Rampling

De ses souvenirs de vacances à l’île Maurice au cinéma de Bollywood, l’actrice britannique à la carrière en or et au regard intensément merveilleux s’est confiée à Luxury Mauritius.

Nommée aux Oscars 2016 et récompensée à la dernière Berlinale pour son rôle dans le film 45 ans, Charlotte Rampling a parcouru le monde et traversé les époques sans faute de goût. De ses débuts cinématographiques, avec les monstres sacrés Luchino Visconti et Nagisa Ōshima, à ses grands rôles pour Woody Allen, Robert Mitchum, Sidney Lumet, Claude Lelouch, Jacques Deray ou encore François Ozon, Charlotte Rampling a tourné avec les plus grands. Entre deux films, elle s’est parfois octroyée quelques pauses, le temps d’un saut en direction de Maurice ! Souvenirs : « J’aime beaucoup l’île Maurice, j’y suis venue plusieurs fois. Avec mon mari, Jean-Noël, nous aimions prendre l’avion de Paris le 24 décembre ou le 31. Je suis assez à contre-courant. À ces dates, non seulement il y a toujours de la place, mais en plus le trajet est très agréable. On prend le champagne avec l’équipage et les passagers en se souhaitant un joyeux Noël ou une bonne année. C’est plutôt gai ! Nous sommes descendus au sud à l’hôtel Dinarobin, juste devant le célèbre Morne, et une autre fois au nord près de Grand Baie, au Paradise Cove. Mon souvenir de l’île Maurice est surtout lié aux hôtels qui sont parmi les plus beaux du monde, aux merveilleuses plages et à l’océan qui a une couleur extraordinaire. »

« Pour nous les Européens, quand nous venons dans votre île après un si long vol, nous avons l’impression d’être au bout du monde, or c’est un peu le monde qui se retrouve à Maurice ! »

Mais pas seulement… En fouillant un peu, les souvenirs de la star britannique adoptée par la France vont au-delà de l’habituelle carte postale. Au fil de la conversation, les Mauriciens semblent avoir une place de choix dans son coeur : « Maurice, c’est plus que le soleil. C’est un accueil et un raffinement qui font de cette île de l’océan Indien l’une des plus belles destinations pour le tourisme. Les Mauriciens sont magnifiques, d’une grande gentillesse, sans jamais en faire trop. Il n’y a pas d’hypocrisie dans leur accueil mais une profonde sincérité, une grande franchise, et le désir émouvant, la fierté, de faire partager l’amour de leur île. »

Vous l’avez compris, Charlotte Rampling aime l’île Maurice et ses habitants. Si elle avoue ne pas connaître sur le bout des doigts la culture mauricienne, elle s’enthousiasme de cette belle diversité… et de la multiplication d’événements de qualité, comme le festival Ile Courts : « Le tourisme en général peut évoluer grâce à des manifestations culturelles créatives et fédératrices, et engendrer des rencontres entre des gens de différents horizons. Ces festivals de plus en plus nombreux sont une belle initiative. L’île Maurice c’est un mélange multiculturel passionnant, entre l’Inde, l’Europe et l’Afrique. Le monde entier s’y retrouve. Pour nous les Européens, quand nous venons dans votre île après un si long vol, nous avons l’impression d’être au bout du monde, or c’est un peu le monde qui se retrouve à Maurice ! »

« Bollywood c’est, bien sûr, un très grand cinéma, mais aussi un beau cinéma : plein de vie, de force, de tendresse et de poésie. »

charlotte-rampling-mauritiusRencontrer Charlotte Rampling, c’est aussi forcément parler cinéma. Un cinéma mauricien intimement lié à Bollywood, ce cinéma venu d’Inde aux films très populaires sur l’île. Sauf erreur de notre part, jamais Charlotte Rampling – habituée à tourner entre Hollywood et la France – ne s’est exprimée sur le sujet. L’occasion était donc toute trouvée ! « Bollywood c’est, bien sûr, un très grand cinéma, mais aussi un beau cinéma : plein de vie, de force, de tendresse et de poésie. Ce n’est pas notre écriture cinématographique, mais c’est justement pour cela que c’est intéressant. J’ai rencontré à Berlin pour le festival du cinéma en 2006 (Charlotte Rampling était alors présidente du jury de la Berlinale), un grand producteur de Bollywood, Yash Chopra (membre de ce jury). Il m’avait demandé si je serais d’accord pour jouer dans l’une de ses productions. Je dis toujours « pourquoi pas ? » en réponse à ce genre de proposition. Tout dépend du rôle et de l’histoire. Bollywood serait pour moi une expérience originale. Mais malheureusement, mon ami Yash Chopra est décédé en 2012, et l’occasion ne s’est jamais représentée. »

Pour conclure notre entretien, et perpétuer avec le sourire cette tradition d’accueil mauricienne, nous avons entrouvert la porte d’un tournage ici-même, sur l’île. Et l’actrice aux plus de 70 films ne dirait pas non à une telle expérience ! « Le cinéma africain vit une belle révolution, il est très inventif. Si je devais avoir une proposition de tourner à Maurice, je répondrais la même chose : pourquoi pas ? Pour moi ce n’est pas une question d’argent. Je peux dire oui à un réalisateur qui a un petit budget, si son ambition est grande. Je suis audacieuse, j’aime l’aventure. Comme je vous l’ai dit : je suis à contre-courant… et tourner à Maurice est une perspective plutôt agréable ! J’ai d’ailleurs déjà joué dans un film dont l’action se passait sur une île. C’était en République Dominicaine pour le film de Laurent Cantet Vers le Sud (en 2005). J’ai beaucoup aimé l’ambiance du tournage. Tout est toujours plus intense dans une île. Oui,  pourquoi pas un jour à Maurice. C’est une belle idée ». Azim Moollan ou David Constantin pour diriger l’immense Charlotte Rampling dans les rues de Port-Louis… en voilà une belle affiche !

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